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Le réseau d’électricité bruxellois est-il prêt pour la voiture électrique ?
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Le réseau d’électricité bruxellois est-il prêt pour la voiture électrique ?

Avec le Salon de l’Auto qui débute, Sibelga espère voir les Bruxellois s’engager dans la transition énergétique en optant pour une mobilité plus verte.  Mais qu’en est-il du réseau électrique bruxellois, est-il capable de relever ce nouveau défi ? 

Oui, le réseau électrique bruxellois en est tout à fait capable ! En effet, la recharge des véhicules électriques n’occasionnera pas de problèmes significatifs en termes de surcharge pour notre réseau dans la décennie qui vient. 

Découvrez, en quelques points, pourquoi nous sommes prêts à accueillir une mobilité alternative. 

Un réseau largement dimensionné 

Avec l’arrivée des véhicules électriques, notre réseau électrique devra faire face à des pics de consommations lié à la recharge des batteries. A ce jour, notre réseau électrique dispose d’une réserve de capacité importante. 

Ceci nous place donc dans une situation assez confortable face à l’évolution du nombre de véhicules électriques à Bruxelles. D’après l’étude Baringa de Synergrid, le véhicule électrique devrait constituer 20 à 30% du parc automobile belge en 2030, un taux auquel notre réseau peut répondre. 

Mais afin de pouvoir accueillir encore davantage de véhicules sur notre réseau, nous recommandons dès à présent aux utilisateurs des véhicules électriques d’adopter de bonnes habitudes.

Un changement d’habitudes nécessaire 

Avec les voitures au diesel ou à l’essence, nous avons pris l’habitude de rouler jusqu’à la dernière goutte avant de passer à la pompe. Avec la voiture électrique, nous devons changer cette habitude. 

Le véhicule électrique doit être rechargé quand on ne l’utilise pas. Sachant que notre voiture est garée en moyenne 95% du temps, ceci nous donne largement le temps de le faire. 

On peut par exemple charger toute la journée en recharge normale sur le lieux du travail. 

Même chose le soir à domicile, ce qui fait.  au moins 2x8 heures de temps de charge. 

Mais que faire si vous n’avez pas de garage, et que vous ne pouvez pas recharger sur le lieux de travail ?  

L’installation de bornes en voirie, les stations de recharge rapide, les bornes sur des parkings publics, etc., doivent pouvoir donner l’opportunité à chaque Bruxellois de recharger son véhicule électrique.  Ce réseau de points de recharge publics doit encore se développer.   

Sibelga est prête à aider les entreprises dans ce déploiement. L’installation de bornes de recharge sur les poteaux d’éclairage public pourrait faire partie de la solution. Celle-ci est actuellement à l’étude chez Sibelga. 

Préconiser la recharge normale pour le client résidentiel 

Nous n’avons pas tous besoin d’avoir accès en permanence à d’énormes puissances  pour charger notre voiture électrique en quelques dizaines de minutes.  En effet, une recharge normale à 3 kW tout au long de la nuit suffira pour la plupart des conducteurs de véhicule électrique. C’est ce que nous préconisons. Une recharge rapide nécessite plus de puissance, ce qui a un coût relativement important pour le client. 

En général, une habitation unifamiliale dispose d’une puissance d’environ 10 kVA (ceci équivaut à 10 000 watts ou 10 kW).   

Le Bruxellois roule en moyenne 22 km par jour. Il pourra se contenter d’une recharge normale à 3 kW. En une heure, celle-ci permet de recharger la voiture pour une autonomie de 15 à 20 km.  Divisez ce temps par deux, si vous passez à une recharge à 7 kW. 

Donc une à deux heures de recharge normale permet de recharger/compenser les kilomètres moyens parcourus quotidiennement par un automobiliste bruxellois. 

Calculez le temps de recharge en fonction de votre puissance 

Environ 3 000 points potentiels pour fournir de la recharge rapide 

Des cabines haute tension 11 000 volts alimentent des grands bâtiments, entreprises, etc. dans tous  les quartiers des 19 communes de la Région.  Il y en a près de 3 000 dispersées sur tout le territoire bruxellois. 

Ces cabines clients peuvent fournir des puissances très fortes permettant d’alimenter de la recharge rapide (50 kW et au-delà) dans des stations à essence, des parkings privatifs (souterrain) ou même sur les parkings de magasins, par exemple. 

Si le propriétaire d’un véhicule électrique n’a pas réussi à charger sa voiture à 100 % avant d’entamer une longue route, il pourra "faire le plein" dans ce type de stations, en ville ou sur les autoroutes. 

Un réseau de 230V ne doit pas être un frein 

Même si le 400V est plus adapté pour fournir de grandes puissances de recharge, beaucoup de villes ont encore une grande partie de leur réseau en 230V. 

C’est le cas du réseau bruxellois, composé à environ 80 % en 230V. Ceci ne doit pas  freiner le développement du véhicule électrique puisque le 230V suffit pour la recharge à domicile.  

D’autre part, notre réseau très dense de cabines haute tension peut subvenir aux besoins des clients qui souhaitent avoir des puissances plus importantes à disposition pour des recharges rapides. 

Pourquoi le réseau bruxellois est-il majoritairement en 230V ?  

Le réseau bruxellois 230 V est un choix historique, à une période où le 400V était principalement utilisé pour éviter des chutes de tension sur des longues distances.  Ce qui n’était pas nécessaire à Bruxelles. 

Depuis au moins 20 ans, Sibelga privilégie le 400V dans le cas de nouveaux lotissements ou de raccordements de nouveaux grands immeubles ce qui permet une transition en douceur et sans impact financier majeur pour les bruxellois.  

Oslo, ville comparable à Bruxelles, avec une adoption réussie du VE 

À Oslo,  plus de 20 % des véhicules sont déjà électriques. L’année dernière, les véhicules électriques représentaient plus de 50 % des ventes en Norvège ! 

Et pourtant, le réseau de la ville d’Oslo est assez comparable à celui de Bruxelles.  

Il est également majoritairement exploité en 230 V, et la recharge en voirie y est généralisée à 3 kW, sans que cela ne pose de réel problème de confort pour les utilisateurs. 

La mobilité verte plus large que l’électrique 

La transition énergétique et le changement de mobilité vont main dans la main. Le véhicule électrique prend beaucoup d’importance, mais n’oublions pas que d’autres alternatives vertes existent déjà ou se développent encore. Pensons aux voitures au bio-CNG ou à l’hydrogène.  

Mais les transports en commun jouent également un rôle fondamental dans notre ville, ainsi que tous les véhicules ou autres moyens de mobilité partagée. 

La mobilité de demain est une bataille sur plusieurs fronts. Elle nécessite un changement global de nos mentalités et de nos habitudes. 

Sibelga, en tant que gestionnaire des réseaux d’énergie et moteur de la transition énergétique, souhaite soutenir toutes les parties prenantes dans cette démarche vers un avenir plus vert et une ville plus agréable pour tous les Bruxellois.